De Florence Bricault
17 rue du cherche pas à lire
99998 La Page Blanche Sur Mer
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À Monsieur Philippe Delerm
18 rue de L’Arpenteur
99999 Roland-Garros
le 15 novembre 2003 |
Monsieur Delerm,
Vous accusez une personne d’avoir un fameux mois d’août
caniculaire assassiné votre sieste.
Il doit d’ailleurs s’agir d’une plainte contre x, car
vous ne citez personne en particulier.
Eh bien, à mon tour Monsieur de vous accuser d’assassin
de sieste sur personne fatiguée après une intervention
chirurgicale récente.
Sachez Monsieur que je ne lis presque jamais mais que je vis avec votre
complice depuis maintenant 12 ans. Le duo était bien huilé,
le crime était parfait.
- Tu devrais lire « La sieste assassinée de Delerm ».
Je suis sûr que ça te plairait…et tatati et tatata.
Plusieurs jours de suite avec la même insistance, mon compagnon
exerce une pression peu discrète.
- C’est un petit livre. C’est hyper bien. C’est très
bien écrit. C’est un vrai plaisir.
En convalescence depuis quelques jours, je m’apprête à m’installer
dans mon hamac avec mon thé aux épices indiennes. Une légère
brise m’annonce une sieste divine. Dans un moment d’égarement,
je me saisis de votre ouvrage avec la vague intention de le poser à coté de
ma tasse et de sombrer dans les bras de Morphée.
Après analyse des épices de mon thé, je comprends
mieux la suite des événements. Un coussin sous la tête,
une irrésistible pulsion m’oblige à ouvrir votre
recueil.
De Roland-Garros à la poubelle, de l’omelette à la
correspondance, j’ai tout dévoré. Le métro
m’a ému, Fellini m’a reconnue et la pivoine m’a
fait rougir de désir.
Monsieur Delerm, je vous le répète vous avez assassiné ma
sieste.
Vous avez là monsieur une bien laide famille. Votre fils Vincent
m’empêche lui de regarder mes émissions favorites à la
télévision.
Messieurs, je vous somme d’arrêter de rendre les gens plus heureux.
Salutations ensoleillées d’une journée sans sieste.
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