Nous sommes le 21 novembre, la nuit vient à peine
de tomber sur le Bordelais.
La journée n’a pas été très drôle,
je rentre la première à la maison. La vaisselle de la veille
se lamente dans l’évier. Je fais mine de ne rien voir comme
pour éviter un dialogue peu probable avec la poêle Tefal dernier
cri.
J’installe un random de trois CD dans la chaîne et monte l’escalier
tout en me déshabillant.
Je me fais couler un bain trop chaud tout en choisissant comme on choisirait
un parfum de glace les sels de bains et autres huiles essentielles parfumées.
Ce mot « essentielle » inséré entre huile et
parfum, n’est-ce pas voluptueux ?
La salle de bain s’est transformé en hammam, je rentre dans
l’eau brûlante avec un plaisir peu dissimulé. La mousse
recouvre l’ensemble de ma peau, seuls mes doigts de pied émergent
de ce nuage parfumé.
Une serviette sous la tête, je me laisse partir dans des rêves éveillés.
Tout mon corps est paisible comme en apesanteur.
Quelques respirations profondes m’amènent au stade ultime
du « petit bonheur ».
Tiens, le random ne fonctionne pas, le dernier album de Souchon tourne
en boucle.
La porte d’entrée claque, les marches craquent.
- Bonjour mon cœur.
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