Vert cerise, violine pêche, jaune
framboise ou pastel mirabelle, le tableau coloré du simple plaisir
d’une cueillette.
Ce coin de campagne en basse Normandie saura cet après-midi-là,
me rassurer. Je revoyais après dix huit mois d’absence et
vingt mille kilomètres de voyage deux femmes que j’aime.
Rien de tel pour des retrouvailles qu’une escapade dans les champs.
Oiseaux, guêpes, et autres insectes vont devoir partager leur festin
estival.
Ce grand prunier de vingt ou trente ans mon aîné semble las
d’avoir depuis plusieurs mois fabriqué tous ces petits fruits.
Les feuilles sont peu nombreuses et d’un vert assez terne.
Ses branches sont cassantes et tortueuses, épaisses et calleuses
comme les mains d’une vieille dame.
Sur une échelle bien installée, la cueillette peut commencer.
Avec quelques précautions nous récoltons le précieux
trésor. Le panier en osier recevra une à une les mirabelles
gorgées de soleil. Mes mains sont collantes et les 30° annoncés
me plaquent au dos ma tunique de coton blanc.
Quelques mirabelles trop appétissantes ne verront jamais le fond
du panier.
En fin d’après-midi, Denise voisine de son état et
propriétaire du prunier nous a conviées à prendre
le verre de l’amitié.
Dans la soirée, la maison sentait bon l’amitié et le
plaisir d’être ensemble. La confiture terminée, Pascale
inscrivait sur les pots : « Mirabelles août 2003 »
À
Pascale et Marie-claude
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