Mirabelles, août 2003


Vert cerise, violine pêche, jaune framboise ou pastel mirabelle, le tableau coloré du simple plaisir d’une cueillette.
Ce coin de campagne en basse Normandie saura cet après-midi-là, me rassurer. Je revoyais après dix huit mois d’absence et vingt mille kilomètres de voyage deux femmes que j’aime.
Rien de tel pour des retrouvailles qu’une escapade dans les champs.
Oiseaux, guêpes, et autres insectes vont devoir partager leur festin estival.
Ce grand prunier de vingt ou trente ans mon aîné semble las d’avoir depuis plusieurs mois fabriqué tous ces petits fruits. Les feuilles sont peu nombreuses et d’un vert assez terne.
Ses branches sont cassantes et tortueuses, épaisses et calleuses comme les mains d’une vieille dame.
Sur une échelle bien installée, la cueillette peut commencer. Avec quelques précautions nous récoltons le précieux trésor. Le panier en osier recevra une à une les mirabelles gorgées de soleil. Mes mains sont collantes et les 30° annoncés me plaquent au dos ma tunique de coton blanc.
Quelques mirabelles trop appétissantes ne verront jamais le fond du panier.
En fin d’après-midi, Denise voisine de son état et propriétaire du prunier nous a conviées à prendre le verre de l’amitié.
Dans la soirée, la maison sentait bon l’amitié et le plaisir d’être ensemble. La confiture terminée, Pascale inscrivait sur les pots : « Mirabelles août 2003 »


À Pascale et Marie-claude


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