Nous étions en Polynésie
depuis un an et ce week-end nous partions pour l’archipel des Tuamotu à Tikehau
dans un hôtel de luxe.
Après avoir eu la conviction que je n’avais jamais rien vu
d’aussi beau en survolant les atolls des Tuamotu, j’arrive
dans un hôtel magnifique où tout le monde est à nos
petits soins.
Mais les larmes que j’ai cachées dans l’avion en voyant
ce spectacle et l’émerveillement
de me retrouver dans un hôtel paradisiaque ne sont rien à coté de
ce qui m’attend.
Samedi matin, nous partons à la découverte de l’atoll
en bateau.
En milieu d’après-midi, après avoir passé un
début de journée hors du commun, je décide de partir
seule en balade sur le platier.
Le platier, à ma droite l’Océan Pacifique, à ma
gauche le lagon.
Quelques cocotiers, le bruit des vagues sur le reef et moi.
Je me retrouve seule au milieu de nulle part.
Ou plutôt si, je suis sur une bande de corail circulaire de cinquante
mètres de large, le tout reposant à trois kilomètres
au fond de l’océan.
Cet ensemble se trouve au beau milieu du Pacifique Sud à sept mille
kilomètres du premier continent que vous partiez vers l’Est
ou vers l’Ouest. C’est à la fois la sensation du tout
et du rien, de l’originel et du devenir. La couleur sombre du platier
contraste avec le bleu si clair et si brillant du lagon.
Je me suis mise successivement face au lagon puis face à l’océan.
J’avais le sourire de l’idiot, un sourire large et statique.
Un réel instant de plénitude et de bonheur grandiose.
Mais très rapidement ma sensation de bien-être s’est
transformée en angoisse quand j’ai réalisé où j’étais.
Je ne sais pas si c’est l’endroit ou le fait d’être
seule qui m’a fait faire demi-tour pour retrouver la civilisation.
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